Le cordon sanitaire (en néerlandais : cordon sanitaire) est un accord tacite entre les partis politiques belges « démocratiques » pour exclure l'extrême droite de toute coalition gouvernementale, quel que soit son score électoral.
En pratique : Même si le Vlaams Belang obtient 25% des voix en Flandre, les autres partis refusent de gouverner avec lui.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1989 | Le Vlaams Blok (ancêtre du Vlaams Belang) obtient ses premiers succès électoraux |
| 1991 | « Dimanche noir » — Le Vlaams Blok réalise une percée historique |
| 1992 | Les partis flamands traditionnels concluent un accord tacite d'exclusion |
Le cordon sanitaire s'est structuré en deux dimensions :
En 2004, le Vlaams Blok est condamné pour racisme par la justice belge (financement d'organisations racistes). Le parti se dissout et renaît sous le nom de Vlaams Belang (« Intérêt Flamand »).
Cette condamnation a renforcé la légitimité du cordon aux yeux de ses défenseurs.
Le cordon sanitaire n'est pas inscrit dans la loi. C'est un accord politique informel entre partis, renouvelé implicitement à chaque élection.
| Parti | Position sur le cordon |
|---|---|
| CD&V | Maintient le cordon |
| Open VLD | Maintient officiellement, certains élus critiques |
| Vooruit (sp.a) | Maintient fermement |
| Groen | Maintient fermement |
| N-VA | Officiellement, mais proximité programmatique avec VB |
| PVDA | Maintient (gauche radicale) |
| Partis francophones | Unanimement pour le cordon |
Côté francophone, les médias audiovisuels (RTBF, RTL) appliquent un « cordon médiatique » :
Côté flamand, ce cordon médiatique a été abandonné :
Le cordon est un rempart contre le retour du fascisme. La Belgique, occupée pendant les deux guerres mondiales, est sensible à la menace extrémiste.
Le Vlaams Belang prône :
Ces positions sont jugées incompatibles avec une participation au gouvernement.
Le cordon a empêché l'extrême droite d'accéder au pouvoir en Belgique pendant plus de 30 ans, contrairement à d'autres pays (Autriche, Italie, Pays-Bas).
Les partis démocratiques ont le droit de choisir leurs partenaires. Personne ne peut les forcer à gouverner avec un parti qu'ils jugent dangereux.
Exclure un parti qui représente 25-30% des électeurs flamands, c'est nier le choix de millions de citoyens. Cela alimente le ressentiment et le discours « anti-système ».
En excluant le VB, les autres partis :
Certains critiques soulignent que :
| Pays | Extrême droite au gouvernement ? |
|---|---|
| Autriche | FPÖ : oui (plusieurs fois) |
| Italie | Fratelli d'Italia : oui (Meloni, 2022) |
| Pays-Bas | PVV : soutien extérieur (2010), coalition (2024) |
| France | RN : non (mais cordon fragile) |
| Belgique | VB : non (cordon maintenu) |
Après les élections de 2024, le Vlaams Belang est devenu le premier ou deuxième parti flamand. Certains élus Open VLD et N-VA questionnent la pérennité du cordon.
La coalition Arizona (2024-2029) exclut le VB mais intègre la N-VA, parti parfois qualifié de « passerelle » vers l'extrême droite. Cette configuration maintient le cordon tout en l'érodant symboliquement.
| Scénario | Probabilité | Conséquences |
|---|---|---|
| Maintien du cordon | Élevée (court terme) | Frustration électorale croissante en Flandre |
| Rupture du cordon | Possible (moyen terme) | Normalisation du VB, crise politique nationale |
| Scission de la Belgique | Faible mais existante | Le VB gouvernerait une Flandre indépendante |
Le cordon sanitaire illustre le pouvoir des présidents de parti dans la particratie belge :
Pour les défenseurs du cordon, c'est une protection nécessaire. Pour ses critiques, c'est un déni démocratique supplémentaire.
| Élément | Description |
|---|---|
| Définition | Exclusion de l'extrême droite (VB) des coalitions |
| Nature | Accord tacite politique (non inscrit dans la loi) |
| Depuis | 1992 (après le « dimanche noir » de 1991) |
| Pour | Protection contre le fascisme, responsabilité démocratique |
| Contre | Déni de démocratie, prophétie autoréalisatrice |
| Évolution | Sous pression croissante en Flandre |
Sources : analyses politologiques, archives de presse, travaux du CRISP · Licence CC BY-NC 4.0