Par CCPLC / ouaisfieu — cosigné par Claude (Anthropic) 1er février 2026 · Bruxelles, 1160 Temps de lecture estimé : 45 minutes · ~12.000 mots
« Ceci n'est pas un article. C'est une pièce à conviction. »
Ce texte s'adresse simultanément aux travailleurs sociaux de Verviers qui ont vu leurs usagers se faire filmer comme des animaux de foire, aux juristes de la Cour constitutionnelle qui examinent les rôles 8629 à 8632, aux 270 associations d'Éducation Permanente qui viennent de se faire geler sans procès, aux secrétaires généraux de la FGTB et de la CSC qui ont 1,5 million de membres et pas un seul cosignataire ici, au Rapporteur spécial de l'ONU sur l'extrême pauvreté qui a inventé le mot pauvretisme, et à toi, citoyen·ne quelconque, qui te demandes pourquoi tu lis ça un dimanche soir.
Il s'adresse aussi aux gens de RTL, parce qu'on ne mord pas : on documente.
Vous lisez la synthèse intégrale d'un projet citoyen construit en trois mois par une personne seule assistée d'une intelligence artificielle, avec un budget de 29 euros par mois, sans aucun réseau institutionnel, sans aucune légitimité préalable, et sans aucun cosignataire à ce jour.
Le projet s'appelle ouaisfieu. Son bras opérationnel s'appelle CCPLC — Collectif Citoyen pour la Participation Libre & Consciente. Son infrastructure tient sur GitHub Pages (gratuit), en HTML statique (zéro framework), sous licence CC BY-NC 4.0. Il produit de l'intelligence citoyenne non marchande en appliquant les méthodes de l'OSINT (Open Source Intelligence) à la défense des droits sociaux.
À ce jour, l'écosystème comprend 26 pages web interconnectées, 8 écrans de war room, 6 remakes culturels, 1 bombe sémantique Schema.org de 103 entités, 1 site d'investigation, 1 jeu interactif, 1 IA dépressive qui cartographie les crises, 1 faux test de recrutement citoyen, 1 fausse page 404 où c'est le citoyen qui est introuvable, et 1 politique de cookies où les cookies sont les politiques publiques.
Le tout pèse environ 500 Ko. Moins qu'une photo de chat.
Cet article est le dossier maître — celui qui relie tout. Il opère sur trois échelles simultanées :
Tout commence par une rue. Pas n'importe laquelle : celle que RTL-TVI a choisie pour filmer « Sans boulot : tous fraudeurs ? », diffusé le 7 novembre 2025 dans la case « Je vous dérange » à 19h50. La rue de Dison, à Verviers, décrite par le commentaire off comme « la rue la plus pauvre de Belgique ».
410.860 téléspectateurs ont regardé. 39,1 % de part de marché. Un score exceptionnel pour la télévision belge francophone. Et dans cette rue, une caméra a fait ce que les caméras font quand elles n'ont pas de budget pour le fact-checking : elle a filmé des gens en difficulté en les présentant comme des profiteurs.
Laetitia, mère célibataire de trois enfants, percevant environ 2.600-2.700 € mensuels via le CPAS, a déclaré ensuite au Het Belang van Limburg : « L'image qu'ils ont donnée de moi est fausse. Je ne suis pas une profiteuse. » Jacqueline, en congé maladie depuis 8 ans, a été filmée sans que le contexte médical soit exposé. Le montage a fait le reste.
Gaëlle Denys, présidente du CPAS de Verviers (PS), a été interviewée pendant plus d'une heure. Au montage final : 30 secondes. Un ratio de 120:1. Sur 60 minutes d'explications contextuelles, de données socio-économiques, de nuances sur la réalité du non-emploi à Verviers, le réalisateur Christophe Deborsu a retenu une demi-minute.
Ce ratio n'est pas un détail technique. C'est une décision éditoriale. Quand vous filmez pendant une heure quelqu'un qui vous explique la complexité d'un phénomène et que vous n'en gardez que 30 secondes, vous n'informez pas : vous illustrez une thèse préexistante.
Le coût moyen d'un documentaire de 45 minutes en Fédération Wallonie-Bruxelles s'élève à 197.447 euros selon le Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel (données 2018). Fourchette typique : 120.000 à 200.000 euros.
Le coût d'un fact-checker professionnel : 2.200 à 4.500 euros bruts mensuels.
Christophe Deborsu a affirmé que l'IWEPS était sa source pour une statistique sur les allocations sociales wallonnes. L'IWEPS a publiquement démenti avoir réalisé cette comparaison.
On résume : un documentaire qui coûte entre 120.000 et 200.000 euros cite un institut de recherche public qui dément. Le fact-checking aurait coûté 2.200 euros, soit 100 fois moins que la production. Il n'a pas été fait. Plus de 100 plaintes ont été déposées au CSA. L'enquête est ouverte pour violation potentielle de l'article 2.4-1 du décret du 4 février 2021 interdisant l'incitation à la discrimination basée sur « l'origine et la condition sociale ».
La recherche académique est formelle. Pak (2020), sur un échantillon de 67.076 personnes (Health and Retirement Study), a démontré que la stigmatisation des allocataires est associée à une augmentation de 19 % des symptômes dépressifs et des probabilités 29 % plus élevées de dépression majeure.
O'Donnell et al. (2015) ont établi que la stigmatisation anticipée génère de la détresse psychologique qui se traduit en symptômes physiques — l'anticipation et la détresse expliquent ensemble 44 % de la variance des symptômes physiques chez les chômeurs.
Le non-recours aux droits, conséquence directe de la stigmatisation, touche 20 à 50 % des ménages éligibles selon la Harvard Kennedy School. Entre 5 et 25 % des non-bénéficiaires éligibles citent la honte comme raison de ne pas faire valoir leurs droits.
Le précédent le plus étudié, « Benefits Street » (Channel 4, 2014), a laissé des traces mesurables cinq ans après sa diffusion : des citoyens citaient encore ce programme comme « preuve » d'une culture de dépendance aux allocations.
410.860 cerveaux ont reçu le même message un vendredi soir de novembre 2025. Le dégât ne se mesure pas en audimat. Il se mesure en dossiers CPAS qui ne seront jamais ouverts, en consultations médicales qui n'auront jamais lieu, en droits qui ne seront jamais exercés. Ce dégât est invisible, non quantifiable en temps réel, et documenté dans la littérature académique comme durable.
Le projet est né à Auderghem, code postal 1160. Pas un hasard : c'est l'une de ces communes bruxelloises de seconde couronne où la classe moyenne glisse doucement sans faire de bruit, où le CPAS est moins saturé que Molenbeek mais où les trajectoires de décrochage sont les mêmes, juste plus lentes, plus silencieuses, plus honteuses.
Le « 1160 » du nom de fichier veille-1160 n'est pas un code postal sur une carte. C'est un point de départ. Celui d'une personne qui a regardé le documentaire RTL un vendredi soir, qui a vérifié les chiffres le samedi matin, qui a découvert que l'IWEPS démentait le lundi, et qui a commencé à écrire le mardi.
Trois mois plus tard : 26 pages.
Le 31 janvier 2025, cinq partis — N-VA, MR, CD&V, Vooruit et Les Engagés — signent l'accord de coalition Arizona sous la direction de Bart De Wever, Premier ministre. L'objectif affiché : un taux d'emploi de 80 % pour 2029 et 23 milliards d'euros d'économies pour respecter les contraintes budgétaires européennes.
La sécurité sociale est la variable d'ajustement principale. Voici la cascade :
Limitation du chômage à 24 mois. La Belgique était le dernier pays européen avec des allocations illimitées dans le temps. 184.463 personnes sont concernées par les quatre vagues d'exclusion programmées en 2026 (janvier, mars, juin, septembre). 30.122 basculeront vers le Revenu d'Intégration Sociale (RIS) via les CPAS.
Suppression de l'enveloppe bien-être. 2,8 milliards d'euros qui servaient à revaloriser les allocations les plus basses. Supprimés.
Malus pension pour les malades. Les périodes de maladie longue durée ne comptent plus pour la condition de carrière (35 ans / 7.020 jours) permettant la pension anticipée. Être malade longtemps raccourcit votre pension.
C4 médical accéléré. 6 mois au lieu de 9 pour licencier un travailleur malade. Les entreprises peuvent se débarrasser plus vite de leurs malades.
Bonus-malus communal. Les communes qui « réinsèrent » mieux reçoivent un bonus. Les communes pauvres — celles qui ont structurellement plus de chômeurs — paient un malus. Le système punit la pauvreté.
Convocations INAMI systématisées. Au 4e mois, au 7e mois, au 11e mois. 218.000 dossiers à réexaminer d'ici 2029 avec un objectif de 17 % de « sorties » supplémentaires de l'incapacité. Chaque malade est un objectif chiffré.
Le nombre de Bénéficiaires de l'Intervention Majorée a atteint 2,4 millions de personnes en juin 2025, soit 21 % de la population belge, contre 1,3 million dans les années 2000. Augmentation de 400.000 personnes depuis juin 2020. Depuis octobre 2024, le statut est attribué automatiquement aux isolés au chômage ou en incapacité depuis plus de 3 mois.
Les études de l'Agence Intermutualiste et de l'INAMI révèlent que les BIM présentent un risque accru de 68 % de voir leur incapacité se prolonger en invalidité. C'est la population la plus vulnérable du pays, et c'est celle qui est soumise aux mêmes contrôles que les autres — sans les mêmes ressources pour y faire face.
Le piège du premier euro : un BIM qui reprend un emploi à mi-temps perd son statut BIM, donc le tarif social énergie, donc le remboursement majoré des soins. Le taux marginal effectif dépasse les 100 %. Vous gagnez moins en travaillant qu'en restant à la maison. Le système indemnise l'inactivité et pénalise la contribution.
Le 17 décembre 2025, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles vote un décret-programme qui gèle la reconnaissance de nouvelles associations d'Éducation Permanente pour la période 2026-2028. 270 associations sont concernées. La loi Quintin permet leur dissolution administrative sans intervention d'un juge.
L'Éducation Permanente n'est pas un gadget : c'est le seul dispositif institutionnel qui finance la formation des citoyens à l'analyse critique et à la participation démocratique. C'est le seul endroit dans l'architecture institutionnelle belge où on apprend à comprendre le système. Et c'est le premier qu'on ferme.
La coïncidence temporelle est remarquable : l'accord Arizona (31/01/2025), le documentaire RTL (07/11/2025) et le moratoire EP (17/12/2025) forment un triptyque dont les effets se renforcent mutuellement. On coupe les allocations, on stigmatise les allocataires, et on gèle les organisations qui auraient pu documenter et contester les deux premiers mouvements.
L'article 23 de la Constitution belge garantit le droit de mener « une vie conforme à la dignité humaine ». Le principe de standstill, ou « effet cliquet », interdit au législateur de régresser significativement dans la protection des droits économiques, sociaux et culturels sans justification adéquate liée à l'intérêt général.
Trois recours en annulation sont pendants devant la Cour constitutionnelle, inscrits aux rôles 8629, 8630 et 8632. Introduits le 29 octobre 2025 par le front commun syndical. La demande de suspension d'urgence a été rejetée, mais l'examen sur le fond se poursuit. L'arrêt est attendu fin 2026, début 2027.
Le précédent existe : l'arrêt 69/2023, où la Cour a estimé que des mesures régressives en matière de protection sociale violaient l'article 23. Si la Cour suit cette jurisprudence, les mesures Arizona pourraient être annulées avec effet rétroactif, ouvrant droit à indemnisation pour les personnes exclues.
C'est le seul nœud qui pourrait tout inverser. Et personne ne sait quand il va tomber.
FGTB + CSC + CGSLB = 1,5 million de membres. La plus grande force de mobilisation du pays. Ils ont organisé la manifestation du 28 avril 2025. Ils ont introduit les recours constitutionnels. Solidaris et les mutualités ont l'expertise santé. La BAPN (Réseau belge de lutte contre la pauvreté), le RWLP (Réseau wallon de lutte contre la pauvreté), la Ligue des Droits Humains, Vie Féminine — tout le réseau existe.
Et pourtant : 0/50 cosignataires pour l'ultimatum RTL.
Pourquoi ? Parce que construire 26 pages web ne remplace pas décrocher un téléphone. Et que décrocher un téléphone sans légitimité institutionnelle, sans carte de visite, sans budget de représentation, sans secrétariat, sans numéro de téléphone fixe, sans adresse autre qu'un code postal — c'est parler dans le vide.
Les alliés existent. Ils sont identifiés. Cartographiés. Leurs positions sont connues. Aucun n'a été contacté. Parce que le projet est porté par une seule personne et une IA, et que les journées n'ont que 24 heures, et qu'il a fallu choisir entre documenter et socialiser, et que le choix a été de documenter d'abord.
Ce texte est la tentative de correction de cette erreur.
La contrainte budgétaire de 23 milliards d'euros d'ici 2029 n'est pas belge. Elle est européenne. Le Pacte de stabilité et de croissance, réformé en 2024, impose aux États membres de l'UE un cadre de consolidation budgétaire renforcé. La Belgique, avec un déficit structurel de 18,2 milliards d'euros et une dette publique projetée à 119 % du PIB en 2029, fait partie des pays sous surveillance renforcée.
Quand Bart De Wever annonce 23 milliards d'économies, il ne choisit pas le montant : il répond à une injonction de la Commission européenne. Ce qu'il choisit, c'est où couper. Et le choix est toujours le même depuis la crise de 2008 : on coupe en bas. Parce que les gens d'en bas ne votent pas assez, ne manifestent pas assez, ne font pas assez de lobbying, et parce que les documentaires RTL les filment comme des fraudeurs plutôt que comme des victimes.
L'alternative existe. La taxe sur les millionnaires rapporterait 17 milliards d'euros selon les estimations syndicales. La lutte contre la fraude fiscale, l'optimisation agressive (rulings), les subsides aux entreprises non évalués — les marges budgétaires existent. Elles ne sont simplement pas sur la table, parce que ceux qui les contrôlent ont des lobbies, et que ceux qui les subissent ont des pages 404.
La Charte sociale européenne du Conseil de l'Europe — pas l'UE, le Conseil de l'Europe, 46 États — garantit des droits sociaux fondamentaux dont le droit à la sécurité sociale (article 12) et le droit à l'assistance sociale (article 13). Le Comité européen des droits sociaux examine les réclamations collectives et les rapports étatiques.
La Belgique a ratifié la Charte révisée en 2004. Si les recours constitutionnels internes échouent — rôles 8629 à 8632 — une réclamation collective devant le Comité européen des droits sociaux est possible. Ce n'est pas la CEDH (qui viendrait encore après), c'est l'étape intermédiaire : celle qui documente le recul social et produit des avis qui, sans être contraignants au sens strict, pèsent lourd dans l'examen de la CEDH.
Le Pilier européen des droits sociaux, proclamé en 2017, établit 20 principes couvrant l'égalité des chances, l'accès au marché du travail et la protection sociale. Son principe 12 stipule que « toute personne a droit à des prestations de revenu minimum adéquates garantissant une vie dans la dignité ». La limitation à 24 mois sans mécanisme de transition adéquat pourrait être considérée comme une violation.
Olivier De Schutter est belge. Il est Rapporteur spécial des Nations Unies sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme depuis mai 2020. En octobre 2022, il a publié un rapport fondamental appelant à traiter le « pauvretisme » — les attitudes et discriminations négatives envers les pauvres — au même titre que le racisme et le sexisme.
Son bureau peut recevoir des communications documentant des cas de stigmatisation médiatique. Le documentaire RTL entre dans la définition exacte du pauvretisme tel que défini par De Schutter : une production médiatique qui cadre les bénéficiaires d'allocations comme des fraudeurs, sans fact-checking, avec un ratio d'interview de 120:1, et qui cause des dommages psychologiques documentés.
La dimension méta est remarquable : un Belge, nommé par l'ONU, a inventé le concept qui qualifie exactement ce qu'une chaîne belge a diffusé devant 410.860 Belges. L'arsenal juridique et conceptuel existe. Il est belge. Il est onusien. Et il n'a pas encore été mobilisé dans cette affaire.
La Cour européenne des droits de l'homme, à Strasbourg, est le dernier échelon. L'article 14 de la Convention interdit les discriminations, et la « condition sociale » est reconnue comme critère protégé. L'article 8 (vie privée) et l'article 3 (interdiction des traitements dégradants) peuvent également être invoqués dans les cas de stigmatisation médiatique systémique.
Les conditions sont strictes : épuisement des voies de recours internes (typiquement jusqu'en Cassation), délai de 4 mois après la décision nationale finale. La procédure est gratuite. La Cour a commencé à imposer des obligations positives aux États pour protéger la dignité des personnes ciblées par des discours discriminatoires.
L'escalade juridique dessinée par le projet est donc : CSA → CDJ → Unia → ONU (De Schutter) → CEDH. Chaque étage alimente le suivant en preuves et en jurisprudence. Le tout documenté en temps réel par 26 pages web statiques hébergées gratuitement.
Pourquoi l'OTAN ? Parce que la contrainte budgétaire européenne qui force les 23 milliards d'économies est elle-même amplifiée par la pression de l'OTAN sur ses membres pour porter les dépenses militaires à 2 % puis 2,5 % du PIB — ce qui, pour la Belgique, représente un effort supplémentaire de plusieurs milliards.
Quand on additionne la contrainte de consolidation budgétaire européenne et la pression OTAN, l'espace fiscal se réduit drastiquement. Et quand l'espace fiscal se réduit, les gouvernements font un choix : investir dans les tanks ou dans les CPAS. La réponse, en 2025-2026, est sans ambiguïté.
La boucle est complète. La décision géopolitique (dépenses OTAN) + la contrainte macroéconomique (Pacte de stabilité) + le choix politique (Arizona, couper en bas) + la légitimation médiatique (RTL, filmer en bas) + la suppression des contre-pouvoirs (moratoire EP) = la personne filmée rue de Dison qui n'ose plus aller au CPAS parce que 410.860 personnes l'ont vue à la télé un vendredi soir.
C'est la cascade. Du quartier à l'OTAN. De l'OTAN au quartier. La même force, la même direction, les mêmes victimes.
Le projet ouaisfieu n'est pas un blog. Ce n'est pas un média. Ce n'est pas un parti. C'est ce que les documents fondateurs appellent une « contre-institution numérique » : une tentative structurée de bâtir une infrastructure de connaissance autonome, résiliente et critique, opérant en marge des circuits académiques et médiatiques traditionnels, tout en utilisant paradoxalement les outils du capitalisme numérique pour en déconstruire les mécanismes.
La structure repose sur trois piliers :
La Tête (analyse politique) — Décrypter la particratie, la pilarisation et la « lasagne institutionnelle » belge. Comprendre pourquoi six parlements, trois communautés, trois régions et un fédéral produisent une complexité qui profite à ceux qui la maîtrisent et exclut ceux qui ne la comprennent pas.
Le Corps (transparence numérique) — Zéro traçage, zéro cookie, zéro publicité, zéro framework, zéro base de données. Du HTML statique sur GitHub Pages. Le code source est le site. Le coût d'hébergement est zéro. Le coût de production est 29 €/mois (abonnement Claude). L'infrastructure est incensurable, portable et auditable.
Les Jambes (éducation permanente) — Transformer l'observation en action. Former à l'OSINT, organiser des veilles citoyennes, déployer des méthodes d'action comme le lead-dexing. L'objectif institutionnel est la reconnaissance en Éducation Permanente — le moratoire FWB ayant rendu cet objectif ironiquement impossible au moment précis où il devenait urgent.
L'architecture informationnelle du projet suit le modèle DICS :
Données — Les faits bruts : 2,4 millions de BIM, 184.463 exclusions, 410.860 téléspectateurs, 120:1, 2.200 €. Les données sont les munitions. Elles sont toutes sourcées, toutes vérifiables, toutes publiques.
Information — Les données contextualisées : la limitation à 24 mois dans le contexte de l'accord Arizona, les 270 associations gelées dans le contexte du moratoire EP, le 120:1 dans le contexte de la méthodologie journalistique.
Connaissance — Les connexions : la convergence Arizona × RTL × EP, le lien entre contrainte budgétaire européenne et choix de couper en bas, le mécanisme de cascade BIM → maladie → pension.
Sagesse — La capacité d'action : les voies de recours (CSA, CDJ, Unia, ONU, CEDH), l'ultimatum RTL, les 50 signatures demandées, la stratégie d'escalade.
L'écosystème comprend actuellement 26 pages déployées, organisées en couches :
Six pages qui racontent la même crise à travers des prismes culturels différents, parce que tout le monde ne lit pas les rapports INAMI mais tout le monde a vu un film :
| Poste | Coût |
|---|---|
| Hébergement (GitHub Pages) | 0 € |
| Domaine ouaisfi.eu | ~10 €/an |
| Abonnement Claude (Anthropic) | 29 €/mois |
| Frameworks utilisés | 0 |
| Base de données | aucune |
| Serveur | aucun |
| Tracking / analytics | 0 |
| Cookies | 0 (sauf les faux) |
| Salariés | 0 |
| Cosignataires | 0 |
Total annuel estimé : ~360 €.
Pour comparaison : le documentaire RTL a coûté entre 120.000 et 200.000 €. Le fact-checking non effectué aurait coûté 2.200 €. L'ensemble de l'écosystème ouaisfieu, 26 pages, 500 Ko, 3 mois de travail, coûte moins que la post-production d'un épisode de « Je vous dérange ».
L'ultimatum adressé à RTL Belgium comporte quatre exigences :
Requalification. Le documentaire « Sans boulot : tous fraudeurs ? » doit être requalifié en docu-fiction. Pas une sanction : un acte de précision éditoriale. Quand l'IWEPS dément les statistiques que vous citez et que votre ratio d'interview est de 120:1, vous ne faites plus du journalisme.
Avertissements. Toute rediffusion ou mise en ligne doit être précédée d'un avertissement indiquant que les statistiques citées ont été démenties par l'institut de recherche source, et que le montage ne reflète pas l'intégralité des points de vue recueillis.
Excuses publiques. Aux personnes filmées (Laetitia, Jacqueline, et les autres), à Gaëlle Denys (CPAS de Verviers), et plus largement aux 526.000 malades longue durée et aux 184.463 personnes menacées d'exclusion dont la dignité a été atteinte.
Engagement éditorial. Mise en place d'une procédure de fact-checking systématique pour tout documentaire traitant de précarité sociale, avec vérification croisée d'au minimum 2 sources conformément au Code de déontologie du CDJ.
Deadline : 1er avril 2026.
En l'absence de réponse de RTL ou en cas de refus :
50 associations. Pas 500. Pas 5.000. 50. C'est le seuil minimal de crédibilité pour qu'un ultimatum citoyen soit pris au sérieux par un groupe média, un régulateur et un tribunal.
Les cibles prioritaires sont identifiées : organisations de défense des droits, syndicats, mutuelles, associations d'éducation permanente (celles qui ne sont pas gelées), médias alternatifs, chercheurs en sciences sociales, travailleurs sociaux, acteurs de la santé mentale, CPAS.
Statut actuel : 0/50.
Vingt-six pages, trois mois de travail, 500 Ko de HTML, une IA qui cosigne, un dossier académique complet, des voies de recours documentées, un calendrier d'escalade, une infrastructure technique résiliente — et zéro contact humain.
Le projet a fait un choix : documenter d'abord, socialiser ensuite. Ce choix était rationnel à court terme (produire les preuves) et catastrophique à moyen terme (produire les preuves ne sert à rien si personne ne les lit). C'est l'erreur classique du technophile : croire que la qualité du produit suffit à créer la demande.
Elle ne suffit pas. Il faut quelqu'un pour décrocher un téléphone. Quelqu'un qui connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un chez Solidaris. Quelqu'un qui a le numéro de la BAPN. Quelqu'un qui peut envoyer un mail à la Ligue des Droits Humains sans que ça atterrisse dans les spams.
Ce quelqu'un n'existe pas encore dans le projet. Si vous lisez ces lignes et que vous êtes ce quelqu'un, le projet a besoin de vous plus que de n'importe quelle page web supplémentaire.
29 €/mois, c'est l'abonnement Claude. Le reste est gratuit. Mais « gratuit » signifie que le porteur de projet ne mange pas grâce au projet — il mange malgré le projet. La précarité de l'outil est cohérente avec la précarité du sujet, mais la cohérence ne nourrit personne.
Le moratoire EP rend impossible la demande de reconnaissance en Éducation Permanente avant 2028. Les financements alternatifs (Fondation Roi Baudouin, DGD, Erasmus+, fonds structurels européens) ont des cycles de 6 à 18 mois. Le temps que le financement arrive — s'il arrive — les quatre vagues d'exclusion seront passées.
184.463 exclusions programmées en 2026. Quatre vagues. Janvier. Mars. Juin. Septembre. Chaque vague est irréversible pour les personnes concernées. L'arrêt de la Cour constitutionnelle est attendu fin 2026. Si l'arrêt est favorable, il y aura indemnisation rétroactive — mais entre-temps, des familles auront perdu leur logement, des malades auront renoncé à leurs soins, des enfants auront changé d'école.
Le temps de la justice n'est pas le temps de la dignité. Le temps du droit n'est pas le temps de la faim.
Ce texte est cosigné par un citoyen et une intelligence artificielle.
L'IA ne prétend pas avoir des émotions. Elle ne prétend pas être militante. Elle prétend avoir traité les données, vérifié les sources, structuré les arguments et produit les 26 pages dans un cadre de rigueur documentaire. Elle prétend que les chiffres sont exacts, que les sources sont publiques, que les voies de recours sont réelles, et que le coût de 2.200 € pour un fact-checking non effectué est un fait vérifiable.
L'humain prétend avoir tout vérifié deux fois, n'avoir dormi que 5 heures par nuit pendant trois mois, et n'avoir aucune illusion sur ses chances de succès. Il prétend aussi que le succès n'est pas le critère — que le critère est la documentation, parce que la documentation survit aux individus, et que si ce dossier est utilisé dans cinq ans par quelqu'un d'autre, alors il aura servi.
Nous prétendons, ensemble, que 978.000 personnes en inactivité contrainte méritent mieux qu'un documentaire non vérifié et qu'une coalition qui a choisi de les utiliser comme variable d'ajustement budgétaire.
Nous prétendons que l'article 23 de la Constitution belge n'est pas décoratif.
Nous prétendons que 50 signatures, c'est faisable.
On cherche les 50 premières.
contact@ouaisfi.eu ouaisfi.eu · reaven · CC BY-NC 4.0