Grèves 2025-2026 : pourquoi les malades sont au cœur du mouvement
L'année 2025 restera dans l'histoire sociale belge..
Plus de 100.000 manifestants le 13 février, trois jours de grève générale en novembre, cinq jours de grève sur le rail en janvier 2026. Au cœur de ces mobilisations : la défense des malades de longue durée face aux réformes du gouvernement Arizona.
Chronologie des mobilisations
13 février 2025 : première manifestation historique
Plus de 100.000 personnes défilent à Bruxelles contre l'accord de gouvernement Arizona, à peine deux semaines après sa conclusion.
Mots d'ordre :
- Non aux sanctions contre les malades
- Non à la suppression de l'enveloppe bien-être
- Non au malus pension
14 octobre 2025 : deuxième vague
Entre 80.000 et 140.000 manifestants (selon les sources) se rassemblent à nouveau dans la capitale.
Contexte : Le gouvernement a maintenu ses réformes malgré les avis négatifs unanimes du Conseil national du Travail et de l'INAMI.
24-25-26 novembre 2025 : trois jours de grève
Une escalade en trois temps :
- 24 novembre : Grève des transports en commun (TEC, STIB, De Lijn, SNCB)
- 25 novembre : Grève des services publics (enseignement, hôpitaux, administrations)
- 26 novembre : Grève générale interprofessionnelle
La CSC liégeoise qualifie le 26 novembre de "l'une des plus grandes journées de mobilisation sociale de ces dernières années".
Janvier 2026 : poursuite du mouvement
- Cinq jours de grève sur le réseau ferroviaire
- Marche citoyenne "pour l'École et l'avenir de la jeunesse"
Ce que disent les syndicats
FGTB - Mathieu Verhaegen
"Ils sont en train de tuer tout ce qui fait le socle de notre société ! Quand ils sont vieux, les travailleurs ont besoin de leurs pensions. Quand ils sont malades, de l'assurance maladie. Or l'Arizona s'attaque justement à tout cela."
CSC
"Toute pression supplémentaire sur les personnes qui ne sont pas en mesure de travailler" est inacceptable.
Front commun syndical
Pour la première fois depuis des années, FGTB, CSC et CGSLB ont agi ensemble sur l'ensemble des actions, témoignant de la gravité perçue des réformes.
Pourquoi les malades sont au centre
Un symbole de la "guerre aux pauvres"
Les malades de longue durée cristallisent plusieurs enjeux :
- Protection sociale : Peut-on punir quelqu'un d'être malade ?
- Dignité : Le contrôle systématique est-il acceptable ?
- Solidarité : Qui paie le prix des économies budgétaires ?
Des chiffres qui parlent
- 549.996 invalides : presque tout le monde connaît quelqu'un
- 36,9% pour troubles mentaux : burn-out et dépression touchent tous les milieux
- 2,4 millions de BIM : 21% de la population est concernée par la précarité
Une convergence des luttes
Les malades de longue durée ne sont pas un groupe isolé. Le mouvement a réuni :
- Travailleurs craignant pour leurs propres protections
- Soignants dénonçant la maltraitance de leurs patients
- Enseignants épuisés par leurs propres conditions de travail
- Retraités inquiets pour leurs enfants et petits-enfants
Les revendications précises
Sur les malades de longue durée
- Retrait des sanctions (10% → 0%)
- Maintien des certificats sans limite de durée
- Accompagnement volontaire plutôt que contrôle obligatoire
- Prévention plutôt que punition
Sur les autres mesures Arizona
- Rétablissement de l'enveloppe bien-être (2,8 milliards €)
- Abandon du malus pension pour les malades
- Maintien des droits chômage (pas de dégressivité)
- Refinancement des services publics
L'impact politique
Réponse du gouvernement
Le gouvernement Arizona a maintenu l'essentiel de ses réformes, arguant :
- De la nécessité budgétaire
- De l'objectif de 80% de taux d'emploi
- De la responsabilisation "de tous les acteurs"
Tensions au sein de la coalition
Vooruit, seul parti de gauche de la coalition, a été mis sous pression par sa base syndicale (FGTB flamande). Le parti a défendu avoir "limité les dégâts" (maintien de l'indexation, pas de dégressivité du chômage).
Opinion publique
Selon les sondages, une majorité de Belges s'oppose aux sanctions contre les malades de longue durée, même si les chiffres varient selon la formulation des questions.
Ce qui a été obtenu
Le mouvement social n'a pas (encore) obtenu le retrait des réformes, mais a contribué à :
- Visibiliser la situation des malades de longue durée
- Documenter les risques des politiques punitives
- Unir les acteurs sociaux (syndicats, mutuelles, médecins)
- Maintenir la pression pour d'éventuels ajustements
Et maintenant ?
Le mouvement social se poursuit en 2026. Les syndicats ont annoncé :
- De nouvelles actions sectorielles
- Un suivi attentif de l'application des réformes
- Une mobilisation pour les élections de 2029
Voir aussi :
Sources : RTBF, La Libre, L'Avenir, FGTB, CSC, Rapports de Force