La Belgique perd chaque année entre 20 et 30 milliards d'euros en fraude et évasion fiscale — un montant supérieur au déficit budgétaire national de 27,4 milliards (2023). Cette hémorragie financière s'inscrit dans un système particratique où les mécanismes de contrôle sont structurellement affaiblis : la CADA fédérale reste non contraignante, le GRECO constate que sur 8 recommandations concernant les parlementaires depuis 2014, une seule a été mise en œuvre, et les effectifs de contrôleurs fiscaux ont chuté de 22% entre 2016 et 2022 pendant que les Big Four alignent 4.200 conseillers fiscaux face à moins de 3.000 agents de l'administration. Le score de corruption perçue de Transparency International est passé de 77 à 69 points entre 2016 et 2024, reléguant la Belgique au 22ᵉ rang mondial. Ce rapport documente les mécanismes concrets — chiffrés et sourcés — qui permettent à ce gaspillage de persister.
L'indice de perception de la corruption de Transparency International révèle une dégradation accélérée : la Belgique a perdu 8 points en huit ans, passant de 77/100 en 2016 à 69/100 en 2024. Cette chute de quatre points en une seule année (2023-2024) constitue la plus forte régression européenne. Marc Beyens, directeur de Transparency International Belgium, identifie trois facteurs explicatifs : la perception que les fonds publics ne sont pas attribués de manière neutre, l'impunité perçue des élus, et les liens trop étroits entre politique et business.
Le Groupe d'États contre la corruption (GRECO) du Conseil de l'Europe dresse un constat accablant. Sur les 22 recommandations formulées en 2020 concernant le gouvernement central et les services répressifs, seules 8 ont été mises en œuvre en mai 2024. La situation des parlementaires est pire encore : depuis 2014, une seule recommandation sur huit a été traitée de manière satisfaisante. Le rapport de décembre 2025 conclut sans ambiguïté : "Une fois encore, aucune amélioration n'est à noter."
Les lacunes identifiées sont structurelles : absence de réglementation sur les cadeaux aux élus, pas de registre de lobbying obligatoire pour les ministres et cabinets, aucune règle sur le pantouflage (passage public-privé), pas de politique d'intégrité ni de cadre déontologique pour les ministres, et recrutement des membres de cabinets à l'entière discrétion des ministres.
L'évaluation OCDE de mars 2025 sur la corruption d'agents publics étrangers enfonce le clou. Depuis 2016, seulement trois affaires de corruption transnationale ont abouti, condamnant cinq personnes physiques. Aucune entreprise n'a jamais été sanctionnée. L'Office central pour la répression de la corruption ne dispose que de 3 juges d'instruction spécialisés pour tout le territoire (aucun à temps plein), 64 enquêteurs anti-corruption et 35 agents au bureau de lutte contre la criminalité économique et financière.
L'affaire Sofico/Carlo Di Antonio cristallise les dysfonctionnements de la gouvernance wallonne. Le ministre successeur Philippe Henry a évoqué un trou financier de 140 millions d'euros dans les finances de la Société de Financement Complémentaire des Infrastructures, créé par une surcharge de chantiers pour motifs électoralistes. En 2020, Carlo Di Antonio a soldé une enquête sur un conflit d'intérêts (expropriation de terrains dont il était actionnaire via une société familiale) par une transaction pénale de 5.000 euros — montant dérisoire au regard des enjeux.
L'affaire Nethys/Stéphane Moreau illustre les dérives du parapublic wallon. Au total, 18,6 millions d'euros bruts d'indemnités et bonus avaient été promis à quatre managers, dont 11,6 millions pour Stéphane Moreau seul. En décembre 2025, le parquet de Liège a requis le renvoi de dix personnes devant le tribunal correctionnel. Parallèlement, des négociations de transaction pénale sont en cours, ouvrant la possibilité que Moreau échappe au procès — ce qui alimente les critiques sur une "justice à deux vitesses".
Le scandale des pensions parlementaires révélé en mars 2023 démontre l'existence d'un système occulte de compléments contournant le plafond Wijninckx depuis 1998. Parmi les bénéficiaires identifiés : Herman De Croo (Open VLD) avec environ 210.000 euros de compléments, Raymond Langendries (Les Engagés) avec 256.000 euros, Charles-Ferdinand Nothomb avec 384.000 euros. Huit hauts fonctionnaires de la Chambre auraient perçu 5,8 millions d'euros. Le total avoisine 7 millions d'euros versés illégalement. Siegfried Bracke, avec 126.000 euros de compléments, refuse toujours de rembourser et a introduit un recours au Conseil d'État.
La Belgique compte 48 à 52 ministres répartis entre six gouvernements (fédéral, trois régions, trois communautés), soit un ratio de 4,3 ministres par million d'habitants contre 1,4 aux Pays-Bas. Le nombre total de parlementaires atteint 538 sièges (tous niveaux confondus), représentant 46,4 parlementaires par million d'habitants — près de quatre fois le ratio néerlandais de 12,6.
Les cabinets ministériels belges emploient environ 2.000 collaborateurs pour un coût estimé entre 150 et 180 millions d'euros par an. Le gouvernement De Croo comptait 838 collaborateurs au niveau fédéral ; le gouvernement De Wever l'a réduit à 586 (économie annoncée de 21 millions). La Cour des comptes note que la moitié des effectifs sont des fonctionnaires détachés "à titre gratuit", masquant le coût réel. Aux Pays-Bas, les ministres s'appuient sur l'administration permanente avec 5 à 10 conseillers personnels maximum — le modèle belge court-circuite structurellement l'administration.
Les dépenses publiques belges représentent 54,6% du PIB contre 45% en moyenne OCDE. La dette publique stagne autour de 104% du PIB et le FMI prévoit un déficit de 5,8% d'ici 2029 sans réforme. Le solde structurel primaire devrait augmenter de 7,8 points de PIB pour stabiliser la dette à long terme, contre environ 3 points pour les pays de référence.
La Cour des comptes a documenté des dépenses de consultance externe massives : la SNCB seule a dépensé 465 millions d'euros entre 2020 et 2022 (160 millions par an en 2024), Infrabel 318 millions sur la même période. L'État belge a versé environ 2,5 milliards d'euros aux cabinets de conseil sur trois ans. Les principaux prestataires (Deloitte, BCG, McKinsey, PwC) bénéficient d'une "dépendance durable" que la Cour des comptes qualifie de risque de conflits d'intérêts.
Les estimations de l'économie souterraine belge varient considérablement selon les méthodologies. La Banque Nationale de Belgique l'estime prudemment à 3,9% du PIB (environ 25 milliards d'euros). Friedrich Schneider (Université de Linz), utilisant le modèle MIMIC, l'évalue à 16,1% du PIB, soit 70 milliards. Ernst & Young situe son estimation 2025 à 6,6% (30 milliards). Le consensus des experts pointe vers une fourchette réaliste de 10-13% du PIB, soit 45 à 60 milliards d'euros.
Le tax gap — écart entre la TVA due et perçue — atteignait 3,6 milliards d'euros en 2018, soit 10,4% des recettes TVA, contre 4,2% aux Pays-Bas et 8,6% en Allemagne. Une étude du FMI estime qu'un cinquième de la TVA due n'est pas perçu, soit environ 11 milliards par an. L'estimation consensuelle du manque à gagner fiscal total oscille entre 20 et 30 milliards d'euros annuels — un montant qui couvrirait largement le déficit budgétaire.
Les grandes fuites de données fiscales révèlent l'ampleur des pratiques d'évasion. Les Panama Papers ont identifié 732 Belges, les Pandora Papers 1.217 personnes de nationalité belge ou résidentes. Les Dubai Papers ont exposé 61 clients belges du réseau Groupe Helin, brassant des dizaines de millions via de fausses factures et des cartes de débit anonymes. La Cour des comptes a révélé qu'en 2020, les entreprises belges avaient effectué 383 milliards d'euros de paiements vers les paradis fiscaux — soit 84% du PIB — dont 427 milliards provenant de seulement huit banques ne remplissant pas correctement les formulaires. Quatre agents à temps partiel sont chargés de surveiller ces flux.
L'évolution des effectifs du SPF Finances documente un désarmement méthodique. Le nombre total d'agents est passé de 32.000 en 2002 à 21.000 en 2022 (-34%). Les contrôleurs spécifiquement sont passés de 4.314 en 2016 à 3.702 fin 2022 (-14%). Le pilier PME a perdu 17,5% de ses agents (de 2.181 à 1.799), le pilier Grandes Entreprises 14,5% (de 255 à 218), l'Inspection Spéciale des Impôts 9% (de 487 à 443).
Ces réductions se traduisent mécaniquement en perte de contrôles. Le nombre de contrôles PME est passé de 131.820 en 2017 à 93.645 en 2021 (-28,9%), celui des grandes entreprises de 6.164 à 4.189 (-32%). La Cour des comptes constate une division par deux du personnel de contrôle depuis 2012, par trois du nombre de contrôles, et par deux des montants mis en redressement.
Face à cette administration affaiblie, les Big Four (Deloitte, PwC, EY, KPMG) déploient plus de 4.200 conseillers fiscaux en Belgique au service des grandes entreprises et grandes fortunes — 40% de plus que les contrôleurs de l'administration. Au niveau mondial, les effectifs des Big Four sont passés de 560.000 en 2007 à 1.515.000 en 2023 (+170%), dont 347.000 pour le conseil fiscal. Ce déséquilibre crée une asymétrie structurelle insurmontable.
La fraude sociale détectée en 2024 représente 434,9 millions d'euros — un record — mais cela ne représente que 0,3% du budget de 70 milliards de la sécurité sociale. En regard, la fraude fiscale estimée atteint 20 à 30 milliards par an. Le ratio est d'environ 1:60 entre fraude sociale détectée et fraude fiscale estimée.
Les moyens alloués suivent une logique inverse. Le gouvernement De Croo a recruté 280 inspecteurs sociaux supplémentaires entre 2021 et 2023, portant l'effectif à 1.435 équivalents temps plein. Dans le même temps, les contrôleurs fiscaux diminuaient de 21% dans les centres PME. Les enquêtes sociales clôturées ont atteint 137.796 en 2024 ; les contrôles fiscaux sont en chute libre.
La disproportion des résultats est frappante. Le taux de détection de la fraude sociale avoisine 35% ; celui de la fraude fiscale reste inférieur à 5%. Chaque euro investi dans le contrôle fiscal rapporte davantage que dans le contrôle social, mais les choix politiques vont dans le sens inverse. La FGTB résume : "Fraude sociale et fraude fiscale vont souvent de pair. Les entreprises qui pratiquent le dumping social éludent fréquemment leurs obligations fiscales."
Le régime des intérêts notionnels, créé en 2005 pour remplacer les centres de coordination condamnés par l'UE, devait coûter 371 millions d'euros par an selon les estimations initiales. Le coût réel a atteint environ 5 milliards d'euros annuels — quatorze fois plus que prévu. Le régime a finalement été supprimé, effectif début 2024.
Les excess profit rulings accordés entre 2004 et 2014 à 66 multinationales (AB InBev, BASF, Magnetrol...) ont été déclarés aides d'État illégales par la Commission européenne. Le montant à récupérer s'élève à 700-764 millions d'euros auprès de 35 à 55 entreprises. Après un parcours judiciaire complexe, le Tribunal général a confirmé l'aide d'État illégale en septembre 2023.
L'impôt minimum mondial de 15% sur les multinationales (Pilier 2 OCDE), entré en vigueur en janvier 2024, devrait rapporter 620 à 680 millions d'euros par an selon le gouvernement. L'Observatoire européen de la fiscalité estime cependant que les multinationales belges ont payé 4 milliards d'euros de moins que ce taux minimum, suggérant un écart considérable entre recettes attendues et pertes réelles.
Le secteur de l'énergie illustre la capture réglementaire. Electrabel (filiale 100% d'Engie) représentait historiquement 94% de la production d'électricité et détient la majorité des réacteurs nucléaires belges. En janvier 2025, un dividende de 6,2 milliards d'euros versé à Engie a provoqué des demandes d'audition parlementaires. La Chambre les a rejetées, préférant demander un "avis à la CREG" — le régulateur qui entretient des relations structurelles avec l'opérateur historique. La "Pax electrica" de 2005 illustre cette co-gestion État-opérateur dominant.
L'impunité judiciaire en matière financière procède de mécanismes identifiés. L'affaire KB Lux, estimée à 400 millions d'euros de fraude, a été déclarée irrecevable après 13 ans d'instruction pour "graves irrégularités de l'enquête". L'affaire Fortis a été prescrite après près de 12 ans. Ces dossiers figurent parmi les 10.000 affaires pénales traînant depuis plus de dix ans devant les tribunaux belges. Benoît Dejemeppe, président de section à la Cour de cassation, reconnaît que "les escrocs spéculent sur les retards de la justice en multipliant les embûches procédurales".
La transaction pénale permet aux personnes fortunées d'éviter un procès. HSBC a obtenu l'abandon des poursuites pour fraude fiscale contre près de 300 millions d'euros. L'OCDE critique l'opacité de ce mécanisme : absence de statistiques, pas de publication des résolutions, aucune protection contre la récidive.
La CADA fédérale — Commission d'accès aux documents administratifs — ne dispose d'aucun pouvoir contraignant. Ses décisions sont de simples avis. En cas de refus de l'administration, le citoyen doit engager une procédure judiciaire longue et coûteuse. En juin 2023, les groupes de la majorité fédérale ont voté contre un amendement visant à doter la CADA d'un pouvoir de décision. La Flandre dispose d'une CADA décisionnelle depuis 2004, la Wallonie, Bruxelles et la Fédération Wallonie-Bruxelles depuis 2019 — seul le niveau fédéral résiste. La Belgique n'a toujours pas ratifié la Convention de Tromsø (2009) sur l'accès aux documents publics.
Les délais de publication des déclarations de mandats atteignent trois années en Région wallonne. Les rémunérations ne sont pas publiées (uniquement l'indication si le mandat est rémunéré ou non), malgré la recommandation du GRECO de 2014. Les déclarations de patrimoine des mandataires restent confidentielles. Cumuleo, l'initiative citoyenne de transparence, tente de créer un "cadastre centralisé des rémunérations" faute d'initiative publique.
La liste belge des paradis fiscaux n'a pas été mise à jour depuis 2016. Cinq paradis fiscaux des Pandora Papers sont absents : Belize, Panama, Hong Kong, Chypre, Seychelles. Sur 383 milliards d'euros de paiements vers les paradis fiscaux, 427 milliards proviennent de huit banques qui ne remplissent pas correctement les formulaires — une opacité organisée.
Les procédures bâillons (SLAPP — Strategic Lawsuit Against Public Participation) visent à intimider les journalistes. Apache, média flamand d'investigation, a été attaqué à plusieurs reprises dans l'affaire Land Invest Gate. Bart De Wever l'a qualifié de "média diffamatoire" et de "journalisme de caniveau". Les tribunaux d'Anvers ont donné raison à Apache dans tous les cas.
Médor, premier média belge francophone en coopérative, témoigne : "À chaque révélation délicate sur des milieux de pouvoir, nous devons faire appel à notre avocate. Les frais juridiques augmentent car les procédures se multiplient." Sur un budget annuel d'environ 360.000 euros, 5% (18.000 euros) partent en frais juridiques. "Jamais en neuf ans, un article de Médor n'a été contesté avec succès devant un tribunal." La concentration médiatique aggrave la situation : en 2026, le groupe Rossel concentrera 94% de l'audience de la presse écrite francophone.
Les partis belges disposent d'un budget total de 93 à 104 millions d'euros par an, dont environ 80% de subventions publiques (75-80 millions). Les dotations fédérales s'élèvent à 37,232 millions d'euros en 2025 (formule : 185.743€ forfaitaire + 3,17€ par voix obtenue). Le patrimoine total des partis atteint 163 millions d'euros (patrimoine net : 127,6 millions), la N-VA étant le parti le plus riche avec 26,3 millions de patrimoine net.
La Commission de contrôle des dépenses électorales est composée de 17 parlementaires et seulement 4 experts externes — le GRECO critique cette insuffisante indépendance. Les ASBL satellites des partis échappent largement au contrôle. Les rétrocessions des mandataires représentent environ 11% des revenus des partis, créant une dépendance financière des élus envers leur formation.
La Belgique fonctionne comme une particratie où les présidents de partis détiennent la majorité du pouvoir, au détriment des institutions parlementaires. Les parlementaires et même les ministres sont "les exécutants de ce que les présidents des partis ont décidé". 90% des lois proviennent de projets de loi gouvernementaux. Les partis interviennent dans la nomination de postes administratifs et de juges à la Cour constitutionnelle.
La politisation de l'administration est documentée par le CRISP : "Les critères politiques ont invariablement joué un rôle important dans les nominations." Le mécanisme fonctionne en trois temps : descriptif de fonction "pas toujours neutre", composition des jurys approuvée par le gouvernement avec équilibre politique, entraînement différencié des candidats selon leur affiliation. Les hauts fonctionnaires sont désignés "pour la durée de la législature" et doivent "soutenir la politique de leur ministre".
Les verrous constitutionnels renforcent ce système. Toute révision constitutionnelle requiert une majorité des deux tiers. Il n'existe aucun référendum d'initiative populaire contrairement à la Suisse. Le système de coalitions larges oblige au compromis permanent sur le statu quo, particulièrement sur les privilèges touchant l'ensemble des partis.
Le gaspillage systémique belge n'est pas le fruit de l'incompétence mais d'une architecture institutionnelle où les acteurs censés réformer sont les premiers bénéficiaires du système. Les 30 milliards d'euros de fraude fiscale estimée annuellement pourraient couvrir le déficit budgétaire et financer des services publics de qualité. Les 383 milliards transférés vers les paradis fiscaux en une seule année représentent 84% du PIB. Les 4.200 conseillers fiscaux des Big Four écrasent les 3.000 contrôleurs de l'administration.
Cette architecture s'auto-perpétue par des mécanismes interconnectés : l'opacité organisée (CADA non contraignante, délais de publication, absence de cadastre des rémunérations) empêche le contrôle citoyen ; l'impunité judiciaire (sous-dotation, prescriptions, transactions pénales) neutralise la sanction ; la capture réglementaire (liens régulateurs-régulés, pantouflage sans règle) garantit des politiques favorables aux intérêts établis ; l'étouffement du journalisme d'investigation (procédures bâillons, concentration médiatique) réduit la pression médiatique.
Le score de Transparency International est passé de 77 à 69 en huit ans. Le GRECO constate l'immobilisme depuis dix ans sur les parlementaires. La Cour des comptes documente les dysfonctionnements sans pouvoir de sanction. Ces rapports s'accumulent sans conséquence parce que le système est conçu pour résister aux réformes qui menaceraient les intérêts de ceux qui gouvernent — quelle que soit leur couleur politique. La particratie belge n'est pas un accident : c'est une structure de pouvoir qui protège ses bénéficiaires.